LA COKERIE DU MARLY en région bruxelloise - BruxellesFabriques test
<
>
1A Avenue Antoon Van Oss, Bruxelles
Accueil || PATRIMOINES || LA COKERIE DU MARLY en région bruxelloise

Fondée le 4 février 1930, la Cokerie du Marly se voulait une société moderne déjà à capitaux publics et privés. Elle devait fournir du gaz de ville pour usage domestique, pour l’éclairage et surtout pour l’industrie qui commençait à avoir un besoin énorme d’énergie.

JPEG - 2.3 Mo

Le creusement du canal de Willebroek avait provoqué la construction d’auberges pour les voyageurs et de secondes résidences bourgeoises pour les hauts fonctionnaires de la Ville de Bruxelles. Ils ont pris le nom de sites parisiens, la cokerie était une entreprise intégrée dirait-on aujourd’hui. La Marly était un de ses auberges ou s’arrêtaient les diligences. Elle dut fermer devant la concurrence du chemin de fer…et devint une maison bourgeoise de plus.

C’est à Bruxelles, sur la Senne, qu’est construite, par la société Meeus, nom d’un futur bourgmestre de Molenbeek, la première usine à gaz du continent. Le 28 août 1819 l’usine est inaugurée par l’éclairage de la place de la Monnaie. Les boulevards de l’allée verte au Botanique, puis le théâtre de la Monnaie suivront en 1822, Jean-Pierre Meeus en étant un des gestionnaires

Il y a eu sept cokeries en région bruxelloise et quatre sociétés de production. Les usines sont localisées au cœur du Pentagone, à Jette ; à Koekelberg, à Forest, à Saint-Josse, au Pont-Brulé et au Marly. Grâce à des sociétés distributrice comme Distrigaz, elles alimentent les communes bruxellois et toutes les communes limitrophes. Toutes sont construites pour la production du « gaz de ville ».

La Société anonyme des Cokeries du Marly est constituée à Bruxelles, le 4 février 1930. Les Cokeries débutent leurs activités en 1932. Les différents groupes gaziers sont partenaires et principalement la Société Belge de l’Azote, gros producteur de produits pour l’agriculture et la phythopharmacie. Il s’agir à la fois de produire du gaz de ville, de fournir du coke et d’alimenter une industrie carbochimique par les produits dérivés. C’est une première.

Elles s’implantent en aval de la région et du port, dans la commune de Neder-over-Heembeek qui a été annexée par la ville de Bruxelles en 1921 dans le cadre du développement maritime du Port. L’usine a besoin du Canal pour l’approvisionnement en charbon et pour l’eau nécessaire à son exploitation. De plus le raccordement au chemin de fer et la construction du pont Buda en 1934 donnent à ces rives des atouts remarquables. La centrale électrique de Vilvoorde fonctionne au coke et des fonderies s’implantent à Haren, commune également annexées en 1921.

La Société du Marly produisait le gaz indispensable à l’énergie et reconvertissait tous ses produits de combustion tel que l’hydrogène (50% du gaz de coke, soit 150m3 pour une tonne de charbon)(pour en faire de l’ammoniaque), du méthane et de l’azote, mais aussi le goudron, le benzol et les eaux ammoniaquées, du sulfate, des nitrates, des alcools éthyliques et méthyliques, des oxydes de carbone.

Ce sont des fours dit de type belge parce que la cornue est rectangulaire, vertical et en briques réfractaires. Aux Cokeries du Marly ils ont 16 mètres de long, 4m de haut et de 40cms de large. Les fours sont groupés par batteries de trente. Il y a ici six batteries. On conduit chaque four séparément.

C’est dire que toute une filière de « carbochimique » s’est développée à côté de la Cokerie . Si le gaz sera supplanté par le gaz naturel, c’est le coke qui devient important pour les hauts -fourneaux et les centrales électriques. La carbochimique sera remplacée par la pétrochimie et tout le secteur des pharmacies.

Le site repris par Cokeril, ne pourra se moderniser, malgré un plan vers les années 1980, parce que l’environnement résidentiel bourgeois, la construction de l’hopital militaire à deux pas de là, les installations de Solvay et la commune de Vilvorde feront pression pour fermer l’usine. Par ailleurs la concurrence de l’énergie électrique nucléaire et la fusion de l’acier dans les hauts-fourneaux par électricité, diminuera fortement les débouchés du coke.

Finalement, en janvier 1993, la Cokerie est fermée. Sous la conduite du conservateur, le photographe de LA FONDERIE réalise un reportage vidéo, photos et dias. Elle sauve aussi pas mal d’archives et ne peut sauver de matériel.

Malgré plusieurs interventions pour sauver au moins certains éléments essentiels à la mémoire industrielle, le site sera entièrement rasé pour devenir le site du développement portuaire dont la région bruxelloise, coincée dans son périmêtre, a un absolu besoin. Le Port obtient un financement de la Banque européenne pour ces travaux.

Cela n’empêche qu’aujourd’hui la réaffectation pose problème. Le gouvernement fédéral et bruxellois veut implanter le nouveau centre de tri de La Poste. Il semblerait que Katoen Natie, la société qui a signé avec le port pour construire les entrepôts et gérer le site, a des difficultés à trouver des locataires qui tireraient partie de la voie d’eau profonde. C’est cette société qui a amené B.Post sur ce site. Le débat est à nouveau ouvert.

Guido VANDERHULST, étude réalisée dans le cadre du partenariat européen entre La Fonderie, Le Creusot, San Giovani en 2002 – adaptation 2011

X


X